Auteur : metalepse

Dimitri Casali : « sommes-nous ignare ? »

Dimitri Casali : « sommes-nous ignare ? »

Dimitri Casali signe La longue montée de l’ignorance aux éditions First en 2017. Dans cet ouvrage, l’auteur dresse un constat pessimiste : l’ignorance prend de plus en plus d’ampleur. On croit être un peuple éduqué alors qu’en fait les nouvelles générations semblent sombrer dans l’ignoranceMetalepse vous dresse les principaux enseignements à tirer de ce livre.

Une perte de connaissance

Vous l’avez sans doute constaté vous-même, vos enfants apprennent moins de choses que vous à l’école et vous-même en avez appris moins que vos parents. La France compte environ 3 millions de personnes illettrées, soit 6% de la population. Ce chiffre double si on rajoute les personnes ayant des difficultés à lire et écrire le français. Le niveau en orthographe ne cesse de diminuer. La dictée test donnée par l’Éducation nationale en est un exemple flagrant : sur environ 10 lignes d’un texte simple et sans difficultés particulières, les enfants faisaient environ 10 fautes en 1987. Aujourd’hui, le nombre de fautes a quasi doublé.

Dimitri Casali connaissanceLes programmes ont beaucoup évolué et nombre de notions, de figures importantes ont disparu des cours, notamment en histoire. Les enfants d’aujourd’hui n’apprennent plus leur passé. Ils n’apprennent plus à raisonner, à avoir l’esprit critique, à analyser les faits pour développer leur propre pensée. Le système scolaire semble à la dérive, la France se classe 27e au classement international PISA. Notre pays ne cesse de perdre des places alors que dans les années 80, nous étions dans les cinq premiers.

L’incidence des nouvelles technologies

Les nouvelles technologies, et notamment Internet, n’ont pas eu que des conséquences positives. Selon des études récentes, les Français, mais aussi les Anglais ou les Américains, auraient perdu 4 points de QI entre 1989 et 2009. Les jeunes lisent moins de livres, ils sont sur les écrans. Mais cette lecture est différente : au lieu de structurer les informations, celles-ci se superposent. La surinformation conduit à la désinformation. On ne prend plus le temps de croiser les informations, on ne vérifie pas les sources de ce qu’on lit et on prend pour vraie la première information venue.

Les fake news deviennent légion. On a accès à une quantité d’informations infinie mais on n’est plus capable de l’analyser. L’anonymat du web facilite la circulation des fausses informations ou contre-vérités. Le savoir n’est plus hiérarchisé. Homère, l’auteur grec de L’Odyssée compte moitié moins d’articles qu’Homer, le personnage des Simpson. Le plus grave, c’est que même les journalistes sont concernés. On pourrait attendre d’eux qu’ils délivrent une information fiable mais ce n’est pas toujours le cas. En 2009, de nombreux médias, dont de grands quotidiens internationaux réputés ont repris une information disponible sur Wikipédia, qui était fausse.

La culture générale, plus une valeur sûre ?

Dimitri Casali démontre que la culture générale est devenue accessoire alors qu’auparavant elle était valorisée. On assiste à un effondrement de la culture générale au profit d’une valorisation des compétences techniques. On tend à une spécialisation. Les filières scientifiques sont bien plus valorisées que les filières littéraires et le terme « intello » a pris une connotation négative. En 2011, l’épreuve de culture générale a été supprimée du concours de Sciences Po et remplacée en 2015 à l’ENA.

Les dangers de l’ignorance

Selon Dimitri Casali, cette diminution de la culture générale a de graves conséquences. L’ignorance aboutit, souvent, à la violence et conduit à l’obscurantisme et aux fanatismes. On assiste aujourd’hui à une montée des extrêmes. L’absence de hiérarchisation des informations, des médias de moins en moins crédibles, des fake news qui prennent une place de plus en plus importante, notamment sur les réseaux sociaux. Notre intelligence a baissé et nous ne sommes plus capables de différencier les types d’informations. Kim Kardashian est devenue plus connue que Montaigne. Toutes les connaissances se valent. Les jeunes, adeptes des réseaux sociaux, sont plus intéressés par le fait de partager leur dernier selfie que pour rechercher une information pertinente. Les théories complotistes ou conspirationnistes se multiplient sur la toile, notamment en raison de la perte de confiance dans les institutions (scientifiques, médias, politiques…).

L’importance du savoir

Dimitri CasaliDimitri Casali pointe les causes et les effets de l’ignorance pour mieux rétablir l’importance du savoir. En effet, le savoir, et donc la culture, est une question de survie. L’homme est peut-être un animal mais il ne peut pas se contenter de son seul instinct pour survivre. Il doit engranger des informations et les transmettre afin que les générations suivantes n’aient pas à tout réapprendre. Les travaux scientifiques sont en conséquence conservés de manière ultra-sécurisée car une guerre ou une déstabilisation de la planète de plusieurs années pourraient tout compromettre. L’acquisition de connaissances, d’une culture est donc impérative pour la survie de l’espèce humaine. Il est donc nécessaire de réhabiliter la culture : les enfants doivent être amenés dans les musées et réapprendre le goût de la culture et de l’histoire. Il faut connaitre le passé pour se construire.

Dimitri Casali nous permet, avec La longue montée de l’ignorance, de mieux comprendre notre monde actuel. Il nous interroge sur notre mode de pensée, sur le système éducatif, la société et nous alerte sur les dangers de la surinformation, absolument pas synonyme de savoir absolu.

Métalepse : « quèsaco » ?

Métalepse : « quèsaco » ?

Malgré son nom quelque peu barbare, la métalepse est une subtilité langagière que nous mettons en œuvre tous les jours.

Derrière ce substantif insondable se cache une figure de style qui consiste à substituer l’effet pour la cause, ou encore l’antécédent pour la réalité actuelle. Ainsi, dira-t-on par exemple « nous le pleurons » au lieu de « il est mort ». Ici, le fait de pleurer constitue  le corollaire d’une situation causale en amont : le décès de X. Dans le cas de la seconde variante (l’antécédent pour la réalité actuelle), on dira par exemple « ils ont vécu » en lieu et place de « ils sont décédés ». On l’aura compris au travers de ces quelques illustrations, les métalepses consistent donc tout simplement à substituer un mot ou groupe de mots par un autre. Et cette permutation est guidée soit par un rapport de cause à effet, soit un rapport physique de rattachement.
En ce sens, cette figure est donc une variante d’une autre figure de rhétorique bien connue : la métonymie. Cette dernière établit un procédé de style qui permet de remplacer un concept par un autre en vertu d’un lien logique qui les rattache. Ce lien pouvant être soit un rapport de cause à effet, de contenant à contenu, d’une partie pour le tout, du singulier pour le pluriel, etc. Plusieurs exemples peuvent être donnés pour illustrer la mise en œuvre de la métonymie dans le langage courant. Ainsi, toutes les fois qu’on invite un ami à « boire un verre », on a recours à la métonymie. Ce n’est en effet pas le « verre » que l’on va « boire », mais bien son contenu. A ce titre, le « verre » dont on sollicite notre interlocuteur à venir boire se substitue à la liqueur qu’elle est censée contenir. Le rapport logique s’établit donc dans cet exemple à l’échelle du lien « contenant/contenu ».

A quoi servent-t-elles dans le langage ?

Comme la plupart des figures de style, les métalepses peuvent endosser différentes fonctions dans le langage. Ainsi, dans le langage courant, elles peuvent constituer une manière d’exprimer la politesse. Admettons qu’un invité dise à son hôte « je ne veux pas vous déranger plus longtemps ». Cette phrase est en fait une manière polie de signifier qu’il s’en va. Mais les usages de cette figure de rhétorique ne s’arrêtent pas à ce seul exemple.

Ainsi, les métalepses pourront encore être employées pour mettre en œuvre certaines autres figures de style comme l’hyperbole. Lorsqu’une dame se sent offensée par les paroles déplacées d’un ami et qu’elle lui dit « tu as visiblement bu », elle voudra en fait dire concrètement par-là « tu dis des sottises ». En substituant la première expression à la seconde, elle exagère la réalité pour produire une forte impression sur son interlocuteur. L’hyperbole est ainsi caractérisée au moyen d’une substitution d’expression guidée par un rapport logique de cause à effet, autrement dit une métalepse.
L’emploi des métalepses peut encore caractériser une autre figure de style courante : l’euphémisme. Comme chacun le sait, l’euphémisme consacre en effet un adoucissement d’une réalité trop choquante. Ainsi, dira-t-on par exemple « il nous a quittés » ou bien « il ne souffre plus » au lieu de « il est mort ». Par la mise en œuvre de telles expressions, on substitue la conséquence à la cause. Autrement dit, on fait usage d’une métalepse. Par-delà ces usages stylistiques divers, les métalepses permettent encore d’établir des raccourcis dans l’expression des idées. En effet, de par la manipulation conceptuelle qu’elles opèrent, elles permettent d’associer deux idées en ne se basant que sur un lien logique ou temporel qui relie l’une à l’autre. Par ce fait, les métalepses permettent donc d’inférer une chose à partir d’une autre. Par-là, elles consacrent ainsi un effet de surprise qui permet d’imprimer une certaine poésie dans le discours.

Les métalepses et les autres figures de style : comment faire la distinction ?

Comment distinguer la métalepse des autres figures de style qui leur sont proches ? Pour le savoir, il faut déjà identifier quelles sont ces

figures de rhétorique qui leur sont voisins. Il faut donc distingué : la métonymie, la litote, l’hyperbole ou encore l’euphémisme. Ce sont les figures de style qui se rapprochent le plus des métalepses. A ce titre, les distinguer peut donc parfois relever de la gageure.

En effet, par la mise en œuvre du procédé de substitution qui les caractérise (cause à effet, antécédent à réalité actuelle), les métalepses peuvent aussi consacrer une litote, un euphémisme, ou une hyperbole. Dans de tels cas la figure « exhale » alors plusieurs dimensions. Et cet état de fait brouille les contours définitionnels que l’on croyait acquis. Malgré cette confusion, pour faire la part des choses, il faut garder en tête que la métalepse ne recouvre pas toujours nécessairement les finalités dessinées par ces autres figures de style voisins. Ainsi, elle n’est pas toujours vouée à signifier une atténuation comme la litote ou l’euphémisme ou une exagération comme l’hyperbole. La métonymie embrasse des hypothèses bien plus larges que les liens cause/effet, antécédent/réalité posés par les métalepses.
Le Salon du livre 2018 approche !

Le Salon du livre 2018 approche !

Bien que le numérique occupe une place prépondérante dans la société actuelle, l’engouement des gens pour les bouquins ne s’est jamais éteint. C’est pour cette raison qu’un salon du livre est organisé à Paris chaque année. C’est un événement festif, regorgeant de nombreuses surprises. Pour cette nouvelle édition, le Salon du livre 2018 se déroulera du Vendredi 16 mars jusqu’à Lundi 19 Mars. A l’instar des éditions précédentes, l’événement prendra ses quartiers à Paris Porte de Versailles, dans le 15ème arrondissement. C’est un endroit facile d’accès puisqu’il est desservi par différents moyens de transport en commun. Vous trouverez donc ci-après quelques informations utiles sur ce salon.

Un festival littéraire hors du commun

Cette 38e édition se distinguera par sa richesse et sa diversité puisqu’elle verra la participation de figures réputées de la littérature actuelle et celle des auteurs de livres du futur. Durant les 4 jours donc, les visiteurs pourront profiter de divers rendez-vous insolites et programmes enrichissants qui feront du salon un festival littéraire hors du commun. En tenant compte des réponses qu’ils ont obtenues, les responsables prévoient la participation d’environ 3000 auteurs issus de divers horizons. Par rapport à l’édition 2017, la programmation de cette année a été améliorée puisqu’il y aura pas moins de 500 événements, animations et dédicaces durant le Salon du Livre 2018. La plupart d’eux sont destinés à un public adulte. Mais les moins de 18 ans ne seront pas en reste car de nombreux programmes leurs seront réservés.

 

Un rendez-vous littéraire de création

Le Salon du livre 2018 sera sous le thème « Les écrivains face au monde ». Celui-ci sera développé autour de l’actualité littéraire et éditoriale. Le but ? Faire entendre des voix fortes qui vont s’interroger sur le présent et s’essayer à définir le futur. Le public baignera dans un climat littéraire riche et varié puisqu’il aura l’opportunité de vivre des rencontres uniques, intimes et extraordinaires tous les jours et sur les différentes scènes. Ce sera également un événement compréhensible et cohérent parce que les visiteurs pourront facilement se tourner vers leurs centres d’intérêt, et faire la connaissance et la découverte d’autres domaines de la littérature.

salon du livre

 

Un salon à vocation planétaire

Cette nouvelle édition, comme celle d’avant, sera marquée par la participation des auteurs invités par les collaborateurs de l’événement. Ces derniers interviendront dans la programmation de chaque scène. En 2017,le Maroc était l’invité d’honneur. Pour cette année, les organisateurs ont eu l’idée de miser sur la Russie. Le salon sera donc l’opportunité pour les visiteurs de découvrir et rencontrer des auteurs russes. Les organisateurs en ont prévu une trentaine.

La délégation russe sera composée d’auteurs qui ont pu exporter leurs œuvres au-delà de leur frontière. Mais également de nouveaux talents qui tentent de se faire un nom sur la scène internationale. Ils ont été sélectionnés à travers leur capacité de diversification et leur dynamisme dans la littérature moderne russe. C’est une manière de renforcer les relations historiques, culturelles et littéraires entre les deux nations, selon le président de l’association qui s’occupe de l’organisation du salon.

 

 

Les programmes du week-end littéraire

Divers programmes sont concoctés par les organisateurs de cette nouvelle édition du salon de livre pour permettre à tout le monde de se retrouver durant l’événement. Pour la Grande Scène, qui était au cours de l’édition précédente appelée Scène littéraire, les visiteurs verront défiler plus d’une soixantaine d’écrivains francophones et internationaux. Ces derniers se relieront la scène avec des chercheurs, des historiens, des créateurs de BD et même des philosophes. Ils vont faire tour à tour des expositions sur le thème « Les écrivains face au Monde ». La Grande Scène fera aussi une petite rétrospection sur les événements littéraires ayant marqué l’année 2017.

 

Il y a également d’autres plateaux tout autour de la Grande Scène. La Scène Polar, la Scène BD Manga ou encore le Square des Arts… et pleins d’autres.

Salon du livre 2018

 

Les tarifs appliqués pour le salon du livre

Pour cette année, les organisateurs n’ont pas encore publié le prix d’entrée pour ce salon. Il sont encore en phase d’étude, mais cela ne devrait pas tardé. Cette initiative a été prise afin d’éviter un événement malencontreux similaire à l’année dernière où l’écrivain Maxime Chattam avait boycotté le salon. Celui-ci jugeait en effet que le tarif à cette époque n’était pas à la portée de tous.

Pour rappel, durant les visites en jour ouvrable, le billet était vendu à 8 euros en prévente en ligne et a été majoré de 2 euros les jours du salon. Pour les visites du week-end, la prévente en ligne était fixée à 10 euros et 12 euros sur place. Enfin, pour les individus de plus de 65 ans, ceux de moins de 26 ans, les professionnels de l’enseignement présentant un Pass Education, les sans-emplois, les handicapés et les bénéficiaires du RSA, le billet d’entrée était de 7 euros. Afin de favoriser la culture, les organisateurs ont eu la bonne idée de proposer une entrée gratuite pour les mineurs.