C’est un fait : les murs, les murs tangibles en vieilles pierres ou en parpaings, les murs nous ont trahis. Comme j’étais naïf, avant, lorsque le bruit de la pluie sur les tuiles de pays me procurait le sentiment d’être protégé ! Et ce ne sont pas les infiltrations au niveau de la quille et des rives — dûment constatées — qui l’ont éteint, ce petit bonheur. La certitude que les murs ne sont politiquement rien prépare indiscutablement l’intuition, la nécessité d’une autre chambre. Du temps de la sécurité sociale, les murs étaient synonymes d’intimité comme notre crâne de pensée. On y accrochait des horloges, des fusils, des portraits ; plinthes et moulures les adoucissaient, avec une confiance dans la perspective des plus candides. Nous aimions les murs, nous en prenions soin. Ils avaient leur histoire que nous respections. Ils suivaient les modes, les innovations techniques. Ils furent d’abord chaulés, puis plâtrés et tapissés, puis simplement peints, dans les années quatre-vingt.