finaliser un catalogue, travailler des livres

Publié le 15 janvier 2026 à 23:18

un catalogue ne se décrète pas.
il se construit. lentement. par couches successives. par ajustements. par discussions parfois très concrètes, parfois presque abstraites, autour de ce qu’est — ou devrait être — un livre publié chez métalepse.

depuis quelques semaines, un premier travail a commencé avec les auteurs pressentis pour le catalogue 2026. ce travail n’est pas celui que l’on imagine spontanément. il ne s’agit pas d’aligner des titres, de fixer des dates ou de « boucler des textes ». il s’agit plutôt d’un dialogue exigeant, parfois déstabilisant, toujours fécond.

travailler le livre, pas seulement le texte

le point de départ est toujours un manuscrit.
mais très vite, la question se déplace.

qu’est-ce que ce livre fait au lecteur ?
où se situe-t-il dans le paysage littéraire contemporain — ou en marge de lui ?
quelles résistances assume-t-il ?
quels seuils franchit-il, consciemment ou non ?

avec chaque auteur, le travail consiste à identifier ce qui est déjà là, souvent de manière latente, et à voir comment le livre peut aller plus loin dans sa propre logique. il ne s’agit jamais de normaliser, ni de lisser, encore moins de rendre « plus commercial ». il s’agit au contraire d’accentuer une singularité, de clarifier une tension, parfois de resserrer une forme pour qu’elle devienne plus lisible sans devenir plus docile.

un dialogue, pas une validation

ce travail ne prend pas la forme d’un verdict éditorial.
il ressemble davantage à une conversation prolongée.

on parle de structure, de rythme, de points aveugles, d’excès parfois nécessaires, d’autres fois contre-productifs. on parle aussi de ce que le livre ne dit pas, de ce qu’il laisse hors champ, de ce qu’il suggère malgré lui. et, très vite, on parle du catalogue lui-même : de la manière dont un livre dialogue avec les autres, s’en distingue, ou crée des résonances inattendues.

finaliser un catalogue, ce n’est pas empiler des individualités fortes. c’est faire en sorte que chaque livre garde sa voix propre tout en participant à une cohérence d’ensemble — une ligne perceptible sans jamais devenir un carcan.

vers le catalogue 2026

le catalogue 2026 se dessine ainsi, par touches successives.
rien n’est encore figé, et c’est volontaire. ce temps de travail en amont est précieux : il permet aux livres de s’affirmer avant d’entrer dans le temps plus contraint de la fabrication, de la diffusion, de la rencontre avec les lecteurs.

ce que nous cherchons, à ce stade, ce ne sont pas des livres « prêts ».
ce sont des livres qui acceptent de se laisser travailler — et des auteurs prêts à travailler avec leur propre texte, sans renoncer à ce qui le rend nécessaire.

c’est de cette exigence partagée que naîtra le catalogue 2026.
un catalogue pensé non comme une vitrine, mais comme un ensemble vivant, cohérent et, nous l’espérons, durable.